Ta un bon blog, et tu veux le promouvoir...

Ta un bon blog, et tu veux le promouvoir...
Ok, étant donné que mon but, ce n'est pas d'écraser les autres, je vous laisse un petit espace rien que pour vous pour balancer le nom de votre blog, de votre site, ou de votre forum..., que sais-je...

Le but serait de créer une communauté de roots-man, dans laquelle ont pourrait s'apporter des trucs mutuellement... Jah Bless

Allez y, déchainez vous, no problem man!!!!!!


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Dans ma Quête de "Rastafarian Community", je tenais à Vous Présenter Quelques Pures Blogs

http://R O O T S V I B R A T I O N.skyblog.com/

http://D R E A D L O C K S 9 5.skyblog.com/

http://P O S I T I V I B E S.skyblog.com/

http://S U S U 0 2.skyblog.com/

http://R E G G A E G O T S O U L.skyblog.com/

# Posté le vendredi 22 avril 2005 09:00

Modifié le mercredi 10 août 2005 09:12

Bob's Song Of The Week, Caus' : "Music It's More Than Music To Me"

Bob's Song Of The Week, Caus' : "Music It's More Than Music To Me"
BOB'S SONG OF THE WEEK

Voila, dans ce post, chaque semaine apparaitra une nouvelle song de Bob Marley & The Wailers, que vous pourrez écouter en lien direct... J'essaierais de mettre des connues et des moins connues... Bref ce qu'Internet sera prêt à m'offrir...
Le But de se post n'est pas de promouvoir le piratage, mais le partage entre mélomanes... Jah Bless


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Cette semaine, découverte, de PIMPERS PARADISE... Track présente sur l'album Uprising, le dernier sortit du vivant de Bob...
Cette track est plutôt en contraction avec l'oeuvre de
Bob, il y parle d'une fille, en fait d'une groopie des Wailers... En effet durant les tournées des Wailers, nombreuses étaient les filles qui venaient partager un bon moment dans les loges, fumer, baiser avec les musiciens...
Cette fille, qui y est décrire, est un "paradis pour les marques", that all she was... Bob semble émettre une critique de ce genre de fille...
Il dit "She will laughing when they ain't no joke"... en gro
s :" cette meuf rigolerait quand il n'y a rien de drôle".... "elle aime prendre du bon temps".... "elle aime fumer, quelques fois snifer de la coke...".... Bref un paradis pour les marques...




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PIMPERS PARADISE
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# Posté le vendredi 22 avril 2005 15:45

Modifié le mardi 05 juillet 2005 04:03

1972 - CATCH A FIRE

1972 - CATCH A FIRE
CATCH A FIRE
1972
Tuff Gong Records


1. Concrete Jungle ( 4:12)
(Bob Marley)
2. Slave Driver (2:54)
(Bob Marley)
3. 400 Years (2:45)
(Peter Tosh)
4. Stop That Train (3:55)
(Peter Tosh)
5. Rock It Baby (4:06)
(Bob Marley)
6. Stir It Up (5:30)
(Bob Marley)
7. Kinky Reggae (3:36)
(Bob Marley)
8. No More Trouble (3:56)
(Bob Marley)
9. Midnight Ravers (4:57)
(Bob Marley)





Produit par : Chris Blackwell & Bob Marley
Arrangé par : Bob Marley & The Wailers
Enregistré au : Synamic Sound Studio,
Harry J's Studio, Randy's Studio (Kingston,
Jamaïque)
Mixé au : Island Studio, Londres
Ingénieur du son : Carlton Lee, Stu Barrett & Tony Platt
Design : John Bonis de CCS
Photo : Esther Anderson (ps : une des nombreuses petites amies de Bob)



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C'est donc en 1971 que Bob Marley, Peter Tosh et Bunny Wailer débarquent dans le bureau de Chris Blackwell, fondateur et PDG des disques Island, dans l'espoir de décrocher un contrat. Blackwell, qui a grandit en Jamaïque, connaît les Wailers de réputation et est immédiatement séduit par le charisme de Bob. Il dit banco, et avance 8000 Livres (une misère) au groupe pour l'enregistrement d'un album.
Quelques mois plus tard, il se rend en Jamaïque pour voir ses protégés et écouter
les bandes. Là, il reste scotché à son fauteuil : on lui avait déconseillé "d'investir" sur les Wailers, mais comme il le dira lui-même : "J'en connais assez sur ce business pour savoir qu'ils y avaient mis les 8000 Livres!".
Blackwell rapporte les bandes avec lui en Angleterre et y fait rajouter des
arrangements de claviers et des soli de guitares. Car sa grande idée est de vendre les Wailers non pas comme un groupe de Reggae (genre inconnu alors sur le plan international), mais comme un groupe de Rock noir d'un genre, disons... particulier.
Pour preuve, la pochette très "concept-album"
en forme de briquet (première édition, introuvable aujourd'hui) pour la sortie internationale du disque en 1972. L'album est salué par les critiques : brillant, novateur, révolutionnaire... Les compliments pleuvent. On remarque notamment les qualités d'auteur-compositeur de Bob, qui signe la majorité des titres. Sur le fond, Catch-A-Fire est un album engagé, vindicatif ; on y parle de paix, d'unité, de justice, d'inégalités sociales, de la chance des esclavagistes qui est en train de tourner... Rien à voir avec les thèmes en cours dans le milieu Rock de l'époque ("Sex& Drugs & Rock'n'Roll...").
Les ventes de ce premier album international des
Wailers ne seront pas fameuses, mais suffisantes pour justifier l'enregistrement d'un deuxième disque.


Cliquez sur les titres des tracks pour voir les lyrics

1. CONCRETE JUNGLE
Dès les tous premiers morceaux de "Catch-A-Fire", on trouve les ingrédients qui feront par la suite le succès de la musique de Marley : un sens inné de la mélodie accrocheuse qui sert admirablement le propos, un énorme travail sur les harmonies vocales, un son toujours aux limites du rock et du blues... Ce Concrete Jungle en est un bon exemple. Par "Concrete Jungle", il faut entendre la jungle urbaine, la jungle des villes, où la vie est si dure, physiquement et mentalement. Une autre constante de la thématique Marley est déjà présente : la supplique. Marley passera beaucoup de temps dans ses premiers albums à supplier, à gémir, et de façon plus générale, à se lamenter (To Wail, en anglais !). Mais la plainte n'est pas égoïste : elle cristallise la situation de tous les sufferers du ghetto, auxquels Bob, même au sommet de sa gloire, ne cessera jamais de s'identifier. Et puis il joue sur deux tableaux : oui, il dénonce la dureté de la vie dans les villes de Babylone, mais il cherche aussi et avant tout l'amour. Amour qui "doit bien se trouver quelque part". Pas forcément l'amour féminin, mais l'amour fraternel des hommes. Notez également que l'attitude n'est pas celle de quelqu'un qui baisse les bras, mais bien celle d'un jeune homme décidé à se battre ("je dois me prendre en main").
Pour l'anecdote, sachez que ce n'est pas Aston Barrett qui tient la basse sur ce premier morceau (et ce sera peut-être la seule exception durant toute la carrière des Wailers), mais Robbie Shakespeare, qui deviendra quelques années plus tard le bassiste de Peter Tosh (entre autres).

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2. SLAVE DRIVER
Cette fois, les Wailers entrent dans le vif du sujet : les marchands d'esclaves n'ont qu'à bien se tenir. La dénonciation est brute, directe, chaque mot est le bon, bien à sa place, faisant ressurgir des images à vous "glacer le sang" : le claquement du fouet, le bateau d'esclaves, les chaînes... Voilà bien des idées que l'on n'avait pas évoquées depuis longtemps dans des chansons (depuis le Gospel ?). Comme ce qui deviendra une habitude dans l'écriture de Bob, une idée forte est suggérée, puis ramenée à la réalité, au quotidien ("Aujourd'hui ils disent que nous sommes libres, juste enchaînés à notre pauvreté"). L'identification fonctionne à fond. Bob Marley et ses comparses n'ont bien évidemment jamais mis le pied sur un bateau d'esclaves, mais on peut sentir comme ils considèrent faire partie de ces "âmes brutalisées". Quelle que puisse prendre la tournure de leurs phrases, ils ne diront jamais "Je" mais "Nous", sous-entendu "Nous les pauvres, nous les souffrants, nous les affamés, nous les Africains, etc..."
L'expression "Catch-A-Fire", employée ici et également titre de l'album, peut être vue comme un détournement de l'expression "Catch-A-Cold" qui veut dire en Anglais "prendre froid", "attraper un rhume". Et Jah sait que le symbole du feu va revenir souvent dans l'oeuvre de Bob (l'album suivant s'appelle "Burnin'" - Brûler).

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3. 400 YEARS
Comme vous le savez maintenant, les Wailers étaient constitués de trois artistes à forte personnalité : Bob, évidemment, Bunny "Wailer" Livingstone et Peter Tosh. Ce dernier, qui fit par la suite une carrière solo remarquable, mais interrompue prématurément, a écrit quelques-uns des plus beaux morceaux du trio. Celui-ci en fait partie. Il avait déjà été enregistré à l'époque où les Wailers étaient produits par Lee Perry. La musique n'a pas fondamentalement changé (à peine plus lente), et le chant de Peter est toujours aussi martial.
Le thème de "400 years" prolonge directement celui de "Slave Driver", à savoir l'esclavage, même s'il n'est pas directement cité. Ces 400 années, ce sont bien sûr celles de l'asservissement de l'homme noir par le blanc. Cela dit, ce n'est que le point de départ de la chanson, puisque Tosh évoque ensuite divers thèmes qui lui sont chers : le respect pour la jeunesse (les Wailers eux-mêmes ne sont pas très vieux à l'époque), la complaisance de certains dans leur misère, l'avènement d'une nouvelle ère positive. En outre, un des premiers relents de rastafarisme apparaît : "je vous conduirai vers une terre de liberté, où on pourra (...) être libre". Les deux idées fortes du mouvement rasta étant qu'Haïlé Sélassié est Dieu, et que le salut des Noirs passent par le retour en Afrique, on sait tout de suite de quoi il parle.
Les choeurs des deux autres (Marley et Wailer) sonnent réellement comme des gémissements d'esclaves en train de travailler aux champs.

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4. STOP THAT TRAIN
Tosh encore, qui reste un peu dans les mêmes thématiques. A la manière de Marley, Tosh utilise le va-et-vient entre la complainte personnelle et le constat d'une situation plus générale et sa suite logique, la dénonciation. Dans le Reggae comme dans toute la musique noire jamaïcaine, l'image du train revient souvent. Le train, qui permet de quitter un "ici et maintenant" insupportable pour un "ailleurs-demain" forcément meilleur.
Un classique du folk jamaïcain, "This Train", a été chanté notamment par Bob Marley, par Culture, etc... Bob écrira plus tard "Zion Train", avec les mêmes symboliques.
Pour le coup, Peter Tosh préfère casser les stéréotypes et descendre du train avant destination. Il y a fort à parier que ce train-là n'est pas celui précédemment cité, mais plutôt celui de la marche du monde, qui ne va pas dans la bonne direction. Et Tosh n'attendra pas le point de non-retour. Pour justifier son attitude, il explique que "certains vivent grassement, mais la majorité vit pauvrement". L'injustice et l'inégalité sociale seront toujours les thèmes de prédilection de Peter Tosh à travers son oeuvre.

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5. ROCK IT BABY
Retour de Bob aux commandes, pour une brutale rupture de ton avec les quatre morceaux précédents : ici, c'est de séduction, de femme, de sexe dont il s'agit. Et c'est capital : voilà une des clefs qui explique pourquoi Bob Marley a su gagner une audience internationale et devenir la méga-star planétaire que l'on sait, alors que des charrettes d'autres artistes jamaïcains auraient pu prétendre au titre. Il a su placer des chansons d'amour, plus légères certes, mais également plus aptes à séduire les oreilles d'un public jusque-là habitué au Rock et à la variété.
Bien plus intelligent et fin stratège qu'on ne l'imagine, Bob savait qu'à un certain moment, même dans les combats les plus rudes, il fallait désamorcer, faire un break, se relaxer l'esprit (pour mieux repartir à la bataille ensuite, on s'en doute). Et quand on sait quel chaud lapin il était, on ne s'étonne plus de la présence d'un tel morceau sur un disque plutôt sombre et sérieux. Par la suite, chaque album contiendra au moins une chanson de ce type.
De fait, toute l'ambiance de ce titre est moite, mielleuse, avec cette guitare slide à l'hawaïenne au milieu, qui nous renvoie inévitablement des images de romance sous les cocotiers des Caraïbes. Un pur hasard voulut que, le jour où les choeurs de ce morceau furent enregistrés, Marley demanda à sa femme et deux de ses copines de remplacer Peter et Bunny, indisponibles. Les I-Threes n'existaient pas encore comme tel, mais le son d'ensemble plut à Bob, qui s'en souviendrait deux ans plus tard, lorsqu'il attaquerait son premier album sans ses deux compères.

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6. STIR IT UP
Tellement sûr de son coup (!), Bob en remet une couche. Il reprend ce morceau qu'il avait déjà enregistré il y belle lurette, véritable condensé d'appel à la débauche, à travers un langage codé qui a du mal à cacher les allusions sexuelles ("secoue le", "ta recette est si savoureuse", "tout ce que tu as à faire, c'est de le garder dedans"...). Il aurait voulu être plus clair qu'il n'aurait pas su. Et la formule fonctionne, puisque "Stir It Up" fut choisie pour être filmée lors d'un passage à l'émission "Old Grey Whistle Test", et qu'elle joua le rôle non-officiel de 45-tours de promotion de l'album. Ce qui ne manqua pas d'agacer légèrement Peter et Bunny, plus focalisés sur le message social que sur les histoires de fesses.
Mais avec le concours de Chris Blackwell qui ne manquait pas d'encourager Bob dans tous ses choix susceptibles d'aider à la promotion du groupe, c'est ce dernier qui imposa sa vision des choses. A raison, en tout état de cause !

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7. KINKY REGGAE
Après le réconfort, retour à l'effort, toujours avec Bob aux manettes. "Kinky Reggae", le Reggae noué, embrouillé, présente un texte très difficile à traduire, rempli de références difficilement compréhensibles pour nous autres. D'autres textes le seront encore plus. Sans être un nouveau pamphlet contre ceci ou cela, "Kinky Reggae" évoque de nouveau la ville et l'impossibilité de s'y sentir en sécurité. Marley évoque la violence du ghetto. Il évoque également, pour la première fois -et pas la dernière- son perpétuel besoin de fuir pour échapper à... L'agresseur n'est jamais réellement défini, c'est toujours "eux", "ils", "on"...
Bob se présentera souvent comme persécuté, menacé, obligé de s'exiler (ce qu'il sera réellement un peu plus tard dans sa vie). On notera également une évocation discrète à Marcus... Garvey ?

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8. NO MORE TROUBLE
Morceau-clé de l'oeuvre de Marley, et titre récurrent des shows des Wailers, "No More Trouble" laisse entrevoir ce que deviendra le style Marley en solo : un message en forme de relent de l'esprit baba-cool de la fin des années 60, d'apparence utopiste et légèrement naïve, mais avec ce petit plus de conviction, de foi et de réalité qui fait toute la différence. Là où on peut esquisser un sourire en entendant les Beatles chanter "All We Need Is Love", on prend Marley très au sérieux.
Evidemment, c'est un jeune représentant du ghetto qui lance sa supplique ici, et ça ne donne pas envie de rigoler. L'idée principale reste que ces pauvres gens n'ont pas besoin d'ennuis supplémentaires. On les comprend.
A noter : la contruction géniale de l'intro qui prouve aussi le talent de compositeur du Tuff Gong. Et de nouveau l'apport incontestable des choeurs féminins. Par la suite, on pourra diviser les thèmes abordés par Bob en quatre grandes catégories : le social (lutte pour l'égalité, l'engagement en faveur des faibles, les partis pris "politiques"...), le spirituel (tout ce qui tourne autour de Rasta, les louanges à la Ganja, etc...), l'affectif (les chansons sur l'amour, la tendresse, l'amitié, la solitude...) et une dernière catégorie "fourre-tout", émaillée de chansons diverses sur des thèmes ponctuels.

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9. MIDNIGHT RAVERS
The older dreads at Island House joked wistfully about the way back in 1972, when Bob didn't insist on having first pick, and the breddahs used to sleep outside at night, stretched out around the long, wide veranda. That was the context in which the brethren said Bob came to know a woman named Patricia Williams, who had a child by him named Robbie. She had approached Bob as he stood naked in the moonlight finishing a piece of breadfruit. The next day he wrote a song on the back of the Kingston telephone book about their encounter.
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# Posté le vendredi 22 avril 2005 15:49

Modifié le mercredi 10 août 2005 09:41

1973 - BURNIN'

1973 - BURNIN'
BURNIN'
1973
Tuff Gong Records

1- Get Up, Stand Up (3:15)
(Bob Marley/Peter Tosh)
2- Hallelujah Time (3:27)
(Jean Watt)
3- I Shot The Sheriff (4:39)
(Peter Tosh)
4- Burnin' And Lootin' (4:11)
(Peter Tosh)
5- Put It On (3:58)
(Bob Marley)
6- Small Axe (4:00)
(Bob Marley)
7-Pass It On (3:32)
(Jean Watt)
8- Duppy Conqueror (3:44)
(Bob Marley)
9- One Foundation (3:20)
(Peter Tosh)
10- Rastaman Chant (3:43)
(Traditionnel Rasta arrangé par les Wailers)

Produit par : Chris Blackwell & The Wailers
Enregistré au : Harry J. Studios, Kingston, Jamaïque
Mixé au : Island Studios, Londres,
Angleterre
Ingénieurs du son : Tony Platt & Phil Brown
Design : Visualeyes
Photo par : Esther Anderson



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Suite à Catch-A-Fire, les Wailers assurent une tournée de promotion dans les clubs anglais et américains, et font également leurs premières télés. Les retombées ne sont pas immédiates, même si les concerts sont souvent complets. De retour en Jamaïque, ils se mettent au travail pour l'enregistrement de leur deuxième album. Les premières tensions entre les trois Wailers apparaissent, Peter et Bunny reprochant à Bob de vouloir imposer ses compositions au détriment des leurs. L'album, qui devait s'appeler Reincarnated Souls, du nom d'une chanson de Bunny, sera finalement baptisé Burnin', d'un titre de Bob (la chanson de Bunny ne sera même pas sur le disque). Il semble que Chris Blackwell ait encouragé Bob à prendre la direction du groupe. Le son du groupe pour Burnin' a déjà beaucoup évolué ; les percussions sont plus présentes, ainsi que les claviers. Les textes sont toujours de brûlants plaidoyers pour l'unité des Noirs et pour le rétablissement de la justice sociale et raciale. Un autre thème s'impose dans le disque : le Rastafarisme. En effet, les Wailers ont rejoint depuis quelques années ce mouvement qui prône la divinité de Haïlé Sélassié I, ex-empereur d'Ethiopie, et le retour des Africains en Afrique. Le dos de la pochette de l'album montre d'ailleurs Bob, les nattes naissantes tirant sur un gros spliff.
Le disque sort en 1973, et de nouveau la presse se fait élogieuse. Les Wailers y sont perçus comme les ambassadeurs d'une nouvelle musique, le Reggae, venue rafraîchir les oreilles d'un public rock blasé, et porteur d'une spiritualité inédite jusqu'alors. Des titres comme I Shot The Sheriff, Get Up, Stand Up ou Burnin' And Lootin' deviendront des classiques. Malheureusement, les ventes ne décollent toujours pas, malgré les efforts de promotion de Chris Blackwell. Les Wailers repartent donc sur la route pour mieux faire connaître leur musique. Et contraints par les limites d'une tournée à petit budget, ils craquent : Bunny Wailer, qui ne supporte plus d'être éloigné de sa compagne et de sa Jamaïque natale quitte le groupe, six jours avant la fin de la tournée. Peter Tosh, lassé de voir Bob prendre de plus en plus d'importance fera de même quelques semaines plus tard.
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Nota: A partir de cet album, et pendant quelques années, beaucoup de chansons ne seront pas créditées à Bob Marley, mais à des amis, des proches ou des collaborateurs. C'est pourtant bien Bob l'auteur de ces chansons (il utilisait même parfois le pseudonyme humoristique "Hugh Peart". C'était l'occasion pour lui, qui ne courait pas après l'argent, de faire cadeau des droits d'auteur).


Cliquez sur les titres des tracks pour faire apparaitre les lyrics

1. GET UP STAND UP
Classique des classiques, "Get Up, Stand Up" a depuis longtemps dépassé le cadre de la simple chanson pour devenir un hymne (celui d'Amnesty International, en particulier), un chant de guerre, un poing levé contre l'oppression... Et cela, juste à cause du refrain ! Pour le reste, pas dit que tout le monde ait réellement conscience qu'il s'agit là du premier morceau ouvertement Rasta des Wailers. Lorsque Bruce Springsteen, Peter Gabriel et Tracy Chapman chantent "que Dieu tout-puissant est un homme vivant" sur une scène d'Amnesty, réalisent-ils vraiment qu'ils sont en train d'affirmer que Sa Majesté Impériale Sélassié I est Dieu ? Pas sûr.
"Get Up, Stand Up" deviendra par la suite un titre incontournable lors des concerts de ses deux auteurs (Marley & Tosh), chacun l'interprétant à sa façon : gros groove, grosse ligne de basse et participation du public pour Bob ; plus rapide, plus incendiaire et plus agressif (comme toujours) pour Peter.
Pour beaucoup de fans, les meilleures versions sont celles que les deux amis chantaient ensemble, avant le break des Wailers. Don't give up the fight !

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2. HALLELUJAH TIME
Premier titre de la carrière internationale des Wailers chanté par Bunny, "Hallelujah Time" nous montre combien les personnalités de chacun étaient différentes. Après Marley, spirituel et politique, Tosh, le terroriste, voici Bunny Wailer, le religieux, tout en douceur et en poésie. Bunny était le premier des trois à se convertir au rastafarisme. On croirait ce texte tout droit venu de la Bible, ce qu'il est dans une certaine mesure. Là où un Marley ou un Tosh pointent un doigt accusateur, Wailer délivre son message en utilisant des images évangéliques (les agneaux, les vallées et les collines, les enfants...) sur un rythme tranquille, de sa voix douce et haut perchée. Les albums solo qu'il sortira par la suite confirmeront cette tendance (notamment le magnifique "Blackheart Man").
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3. I SHOT THE SHERIFF
Un autre grand classique du répertoire Marley. Le premier en tout cas à avoir connu une audience internationale, grâce à la reprise de Clapton en 74. Pour l'anecdote, la première fois que Clapton rencontra Marley, il lui demanda timidement : "Mais, vous avez vraiment tiré sur le Shérif de votre patelin ?". Je vous laisse imaginer la crise de rires de Bob.
Le texte de la chanson a, encore une fois, plusieurs directions : la lutte incessante des jeunes et de la police, la persécution ("ils essaient de me traquer"), la répression de l'herbe ("chaque fois que je plante une graine, il dit "détruis-la avant qu'elle ne pousse"")... et Bob de conclure sur une image ouverte à d'autres thèmes : "un jour, la base va s'écrouler". Dans quelques temps, il dira plutôt "Babylone va brûler", ce qui revient exactement au même.
La fin du morceau laisse une longue place au duo basse/batterie où l'on comprend mieux la part jouée par les frères Barrett dans l'évolution du Reggae.

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4. BURNIN' AND LOOTIN'
Voici un cas typique de chanson mal comprise par les médias de l'époque, qui prirent le texte au premier degré : auréolés de leur image de rebelles révolutionnaires, les Wailers passent cette fois pour des agitateurs, qui appelent au pillage et à la destruction.
Bien évidemment, Marley s'en défendra en expliquant longuement qu'il ne s'agit que d'une image. Extraits d'interview : "Je dis, "combien d'étapes faut-il franchir pour pouvoir parler au décideur, et on nous répond par un couvre-feu. "Il faut brûler et piller" pour pouvoir purifier nos esprits et vivre dans l'amour et l'harmonie (...) Oui, ça dit qu'il faut que nous brûlions nos illusions, mais ça veut surtout dire aux riches de brûler les leurs...".
Malgré ça, le malentendu subsiste. Par exemple, le générique du film "La Haine" de M. Kassovitz, qui diffuse "Burnin' And Lootin'" presqu'en intégralité, est illustré par des images de confrontation entre jeunes et forces policières dans les banlieues, des images de voitures incendiées, de vitrines brisées, etc... Une lecture trop littérale, et par conséquent erronée, de la chanson.

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5. PUT IN ON
"Put It On" est un vieux titre de l'époque Lee Perry que les Wailers réactualisent ici. La seule différence notable est que le tempo est plus rapide. La mélodie est construite comme une comptine pour enfant, répétitive et lancinante.
Bien sûr l'esprit dont il est ici question, et dont Marley veut se pénétrer, c'est l'esprit rastafarien, positif et combatif. "Plus de pleurs", "pas de vantardise", "Je me sens bien maintenant", sous-entendu qu'avant d'être Rasta, ça allait mal.

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6. SMALL AXE
Un autre vieux titre de l'époque Lee Perry. Et de nouveau, un texte à double sens, grâce à un jeu de mots entre "big tree" (le gros arbre), et "big three" (les trois gros). Dans le premier cas, on peut lire au premier niveau "si vous êtes le gros arbre, nous sommes la petite hache". L'ennemi désigné est probablement le politique, le décideur, l'oppresseur, finalement, le système. Et les Wailers, le petit grain de sable qui veut bloquer le rouage.
Dans le deuxième cas, il est question des trois gros de l'industrie jamaïcaine du disque, à savoir Clement Dodd (Studio One), Lee Perry (Upsetter Studio) et Leslie Kong (Beverly's Studio), trois producteurs qui ont arnaqué les Wailers et bien d'autres jeunes artistes, profitant de leur position toute-puissante.
Il est à noter l'emploi d'un Anglais ancien, celui-là même qui est utilisé dans la Bible (les terminaisons en "eth" : "boasteth" pour "boast", "diggeth" pour "dig"...), ainsi que des formules.
Bob utilisera énormément formules, proverbes, expressions populaires et citations dans ses chansons.

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7. PASS IT ON
Deuxième chanson de Bunny, chantée par Bunny. Exactement dans le même style que "Hallelujah Time", tranquille, tout en douceur, croisement de thèmes bibliques et d'imagerie Rasta. Le tempo est lent, comme souvent chez Bunny Wailer, la voix est pure, haut perchée. C'est au cours de la tournée qui suivra "Burnin'" qu'il décidera d'arrêter sa carrière avec les Wailers, pour ne plus avoir à quitter la Jamaïque (et sa copine Jean Watt, du nom de laquelle il crédite les deux chansons de l'album), et à souffrir des conditions lamentables de la petite tournée : pas d'argent, trois concerts dans la même soirée quelquefois, deux ou trois jours sans manger (Bunny étant Rasta, hors de question pour lui d'avaler des boîtes de conserve ou des burgers!). Ce qu'il dit moins volontiers, c'est la frustration endurée pendant l'enregistrement de l'album. Bob devenait le chef, imposait ses compositions et sa vision, au détriment des deux autres.
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8. DUPPY CONQUEROR
Troisième reprise d'un vieux titre des Wailers de l'époque Lee Perry, "Duppy Conqueror" quitte les fantasmes légers de Bunny pour nous ramener à la dure réalité de la rue. Du Bob, quoi !
Bob endosse de nouveau son rôle de victime du système, de persécuté ("j'ai été accusé souvent, faussement abusé"). Et toujours ce "Ils" m'ont fait ça, "Ils" m'ont dit ça.
Pourtant, il clame cette fois qu'il est plus fort que tout ça, car il "dompte les duppies". Une allusion est faite aux "barreaux qui ne peuvent pas me retenir"... Il faut savoir que quelques années auparavant, Bob avait écopé d'une peine de prison de quelques mois pour possession de Ganja. Ce souvenir de captivité le marquera à tout jamais, et il y fera souvent des références plus ou moins directes.
Parallèlement, il continue d'évoquer le rastafarisme ("Jah m'a remis en circulation", "Je dois atteindre la montagne de Sion"). Derrière sa voix plaintive, Tosh et Wailer fignolent des choeurs lugubres, imitant le bruit effrayant des duppies.

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9. ONE FOUNDATION
Après Bunny et Bob, voici Peter Tosh dans ses oeuvres, à savoir un message d'unité et d'amour. Tout comme avec "No More Trouble" sur l'album précédent, le thème a beau être un peu rétro ("peace and love"), on n'a pas trop envie de se moquer de Tosh lorsqu'il dit "nous devons nous rassembler, car nous nous ressemblons". Et la "fondation solide" sur laquelle il faut "construire notre amour" est bien évidemment le rastafarisme ! Et ce sera ça où rien... Plus rien à voir donc avec le "Flower Power" américain.
Comme son comparse Bunny Wailer, Tosh quittera le groupe après la tournée de "Burnin'", pour des motifs similaires : la lassitude d'être relégué au second plan derrière Bob, alors qu'il avait tant de choses à dire, et son éternel manque de bonne volonté pour tourner hors de Jamaïque.

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10. RASTAMAN CHANT
L'album se conclut sur un air traditionnel Rasta, repris des "Groundations", ces assemblées informelles où l'on fume le chalice, récite des prières et chante en battant le tambour Nyabinghi. Les Wailers ont gardé le rythme Burru tel quel en l'accélérant un peu et en y ajoutant basse, batterie et claviers. Pour les Jamaïcains habitués à ces rythmes ancestraux, cela ne faisait pas de différence : même s'il n'était pas du pur Reggae, "Rastaman Chant" possédait une authenticité toute jamaïcaine. Les quelques occidentaux qui découvraient d'un seul coup les Wailers, le Reggae et les Rastas devaient se sentir un peu largués. Par la suite, Bob n'enregistrera que deux autres titres sur ce rythme, "Time Will Tell" et l'émouvant "Babylon System".
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# Posté le vendredi 22 avril 2005 15:51

Modifié le mercredi 10 août 2005 09:43

1974- NATTY DREAD

1974- NATTY DREAD
NATTY DREAD
1974
(Island Record)


1- Lively Up Yourself
(Bob Marley)
2- No Woman, No Cry
(Vincent Ford)
3- Them Belly Full
(L.Cogil/C. Barrett)
4- Rebel Music
(Aston Barrett/Hugh Peart)
5- So Jah Seh
(W. Francisco/Bob Marley)
6- Natty Dread
(Alan Cole/Rita Marley)
7- Bend Down Low
(Bob Marley)
8- Talkin'Blues
(L.Cogil/Carlton Barrett)
9- Revolution
(Bob Marley)



Produit par : Chris Blackwell & The Wailers
Enregistré au : Harry J. Studios, Kingston,
Jamaïque
Ingénieur du son : Syl Morris
Mixé au : Basing Street Studios, Londres,
Angleterre
Ingénieur du son : Sid Bucknor
Design : Tony Wright
Photo par : Dennis Morris



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Bob Marley se retrouve donc seul aux commandes de sa carrière en 1974, ce qui fait la joie de Chris Blackwell, toujours convaincu que Bob a toutes les qualités d'un meneur. A ce moment, Bob est obsédé par sa musique, et il travaille comme un forcené à l'écriture de nouvelles chansons.
Il manquait cependant à la carrière de Marley un petit
coup du destin pour passer à une autre dimension. Ce coup de pouce, c'est Eric Clapton qui va le donner ; en effet, le grand guitariste sort une reprise du titre I Shot The Sheriff, qui connaît un succès mondial. Tout le monde commence à montrer de l'intérêt pour l'auteur de la chanson.
Bob enregistrait un nouveau disque, aidé par une formation nouvelle. Chris Blackwell lui avait présenté Al Anderson, jeune guitariste américain de Blues. Et pour compenser le départ de Tosh et de Wailer, Marley avait constitué un trio de choristes féminin, répondant au nom de I-Threes, formé de July Ann "Judy" Mowatt, Marcia Griffith et sa propre femme Rita Marley. La musique de ces nouveaux Wailers gagna en fluidité et en efficacité. Bob avait tenu à pousser le son vers le Blues ; les textes étaient plus engagés que jamais, et l'album entier racontait le quotidien du Natty Dread, un jeune Rasta confronté aux dures réalités de la rue.
Sorti en 1974 sous l'appellation
Bob Marley & The Wailers, l'album connaît enfin le succès mérité. Les ventes s'emballent, la presse ne tarit pas d'éloges sur Bob, tout le monde veut en savoir plus sur le Reggae, les Rastas... Bref, c'est l'époque bénie où le Reggae explose sur le plan mondial, avec les Wailers en fer de lance.
Pour enfoncer le clou, les Jamaïcains repartaient en tournée mondiale. Ils étaient désormais des têtes d'affiches. En Jamaïque, le 45-tours Rebel Music pulvérisait les records de ventes.


Cliquez sur le titre des tracks pour faire apparaître les lyrics...


1. LIVELY UP YOURSELF
"Si la musique était partie avec eux, j'aurais été triste. Mais la musique est restée...". Ainsi Bob commentait le départ de Peter Tosh et Bunny Wailer à un journaliste anglais. Il est désormais maître de sa musique et de sa carrière. Il va opérer quelques modifications judicieuses, qui vont contribuer à faire de lui la star que l'on sait : il remplace les choeurs masculins par les voix lisses de sa femme Rita et de deux de ses amies (le groupe se baptise les "I-Threes") ; il ré-introduit les cuivres qui avaient disparus de sa musique depuis l'époque de Lee Perry ; il s'attache les services d'un guitariste plutôt blues, Al Anderson. Et il présente ce "Natty Dread" en 1975. C'est la folie partout.
L'album débute sur "Lively Up Yourself", une reprise du vieux répertoire des Wailers : réveillez-vous, soyez vivants ! Tel est le message délivré. Curieusement, la tonalité du titre est très blues, notamment grâce aux soli d'Anderson, ce qui contraste avec l'enthousiasme du texte. Et si Bob nous assure que "le Reggae, c'est autre chose", il va en faire la démonstration dans les titres suivants. "Lively Up Yourself" deviendra un autre incontournable des concerts.

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2. NO WOMAN NO CRY
Autre classique, maintes et maintes fois repris à travers le monde, c'est peut-être un de ceux qui est le plus facilement identifié à Bob Marley. Probablement le plus diffusé à la radio et probablement parce que c'est le moins Reggae de tous : "No Woman, No Cry" s'apparente plus à une ballade, qui prendra toute sa dimension sur scène, jouée très lentement, sur fond d'orgue Hammond, et magnifiquement conclue par le solo de guitare d'Al Anderson.
Côté texte, c'est un Bob nostalgique des nuits de Trenchtown qui évoque ici des souvenirs très personnels. Il est fait référence à Georgie, le spécialiste des grands feux de joies, aux amis présents et aux disparus, et à des moments de grande tendresse dans le "Government Yard", ce quartier qui fut le fief des politiques jamaïcains avant d'être rasé... La mélancolie est tempérée par le break du milieu de morceau ("Tout ira pour le mieux"), où l'esprit positif et la combativité de Bob reprend le dessus. Comme pour "Get Up, Stand Up", le public a souvent assimilé la chanson à son titre, et en a fait -à tort- une sorte d'hymne à la femme.

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3. THEM BELLY FULL (BUT WE HUNGRY)
Bob revient ici à des thèmes terre-à-terre : la misère des ghettos, l'injustice sociale, la faim... Et s'il prévient qu'"une foule affamée est une foule en colère", il sait aussi que "les faibles doivent devenir forts". Notons qu'encore une fois "ILS" ont le ventre plein, et que "NOUS" avons faim ! Bob l'expliqua lui-même : "vous pouvez avoir le ventre plein et avoir faim de l'amour de vos frères". De cette manière, il place riches et pauvres au même niveau. Et quelle meilleure manière de réconcilier tout le monde qu'en "dansant sur la musique de Jah" ?
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4. REBEL MUSIC (3 O'CLOCK ROADBLOACK)
Tiré d'une expérience vécue, "Rebel Music" va faire un carton en Jamaïque, notamment auprès de tous ceux qui se sont faits arrêter et fouiller par la police une fois dans leur vie. Alors qu'il se promenait en voiture avec deux amis et sa conquête du moment, Esther Anderson, Bob fit l'expérience de l'arbitraire machine policière jamaïcaine, qui installe des barrages routiers à tout bout de champ pour intercepter les possesseurs d'herbe. Il gardera toute sa vie un souvenir amer de l'humiliation subie et posera les bonnes questions : "pourquoi ne pouvons-nous pas être ce que nous voulons ? Nous voulons être libres".
L'ambiance de la chanson transcrit à merveille le sentiment de malaise ressenti, accentué par l'harmonica de Lee Jaffe qui confère une sonorité très blues au morceau.

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5. SO JAH SEY
Après le social, le spirituel, Bob ressort sa vieille Bible et nous fait la lecture : "Alors Jah a dit...". Porté par le son de trompettes sorties de Jericho, il quitte -déjà- le cadre du simple chanteur pour devenir le temps d'une chanson le grand chaman du Reggae.
A travers les citations bibliques, Bob exprime la souffrance du ghetto, dont il estime faire encore partie bien que commençant à vivre confortablement, et explique surtout que ce n'est pas la volonté divine d'avoir des "descendants sur le bas-côté". On suppose que le message s'adresse d'abord aux politiciens, responsables de l'économie du pays et des conséquences de la gestion désastreuses des ressources.

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6. NATTY DREAD
Le titre de cette chanson et de l'album qu'il illustre vient d'un malentendu. A l'origine cela devait s'appeler "Knotty Head" (la tête à noeuds, pour parler des dreadlocks). Mais les exécutifs d'Island Records, en recevant les bandes décidèrent que cela faisait mauvais genre ; ils rebaptisèrent l'album "Natty Dread" (approximativement, le "joli" effrayant, le joli "Dread"). Marley, philosophe, dira de l'anecdote : "bah, c'est leur business !". On entend tout de même les I-Threes chanter "Knotty Head" à certains endroits de la chanson.
Le texte de "Natty Dread" est quasi-impossible à traduire dans un français cohérent ; conçu à base du patois ésotérique Rasta, il n'est guère compris que par les adeptes de la confrérie. Dialectes africains, syntaxe hasardeuse, verbe inexistant... Plus d'un journaliste s'est arraché les cheveux en essayant de comprendre ce que Bob Marley pouvait bien être en train de leur raconter ! Je donne ici une traduction personnelle, sur la base de ce que je connais du langage Rasta.
La chanson décrit le parcours d'un jeune Rasta de Kingston, loin de sa réelle maison (l'Ethiopie) et donne la consigne suivante : restez fiers de ce que vous êtes, envers et contre tous.

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7. BEND DOWN LOW
Bob a écrit de nombreuses versions de cette chanson avant de trouver le bon groove et les bons arrangements. Il essaie d'y analyser les tourments de jeunes amants qui se cachent pour essayer de vivre leur passion, une situation qu'il a lui-même vécu du temps où il fréquentait Rita en cachette de sa famille. Cela ne constitue pas une pièce essentielle de l'oeuvre de Bob, mais encore une fois, il désamorce la lourdeur et le sérieux général du disque, après trois titres forts, et avant de revenir à des thèmes graves. Histoire de souffler un peu.
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8. TALKIN' BLUES
Un autre titre que l'on pourrait presque qualifier de "Reggae-Blues", si cela existait. On retrouve Lee Jaffe et son harmonica, le son d'une guitare folk en intro, et les gémissements de Bob digne d'un vieux bluesman du Mississipi.
Une phrase dans le texte de cette chanson fit un mini-scandale auprès des bien-pensants de l'époque : "Car je me sens de bombarder une église". On connaissait les récriminations que les Rastas ont pour l'église, mais jusque-là, tout ça restait très idéologique. On crut déceler de nouveau un Bob Marley agitateur, qui incite à la destruction et à la révolte. Il ne s'agissait en fait que du malaise exprimé par un jeune sufferer du ghetto, qui a l'impression d'avoir les "pieds plus grands que ses chaussures". Bob Marley n'a jamais, d'une manière ou d'une autre, encouragé aucune forme de violence, même si l'on sait que son entourage proche pratiquait allègrement l'intimidation physique, la violence verbale et la menace.

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9. REVOLUTION
"Revolution" conclut avec une synthèse de tous les thèmes précédemment abordés dans l'album : inspiration biblique, constat de l'inefficacité et de la cruauté du système de Babylone, glorification du Rasta, patois intraduisible (*Ites)... Et "s'il faut une révolution pour trouver une solution", ce sera une révolution passive, ordonnée par le Très-Haut, puisque de toute façon, les Rastas ont le feu, la tempête et la foudre de leur côté.
Marley lâche ses grandes vérités à coup de formules comme "Que la rigueur recouvre la Terre comme l'eau recouvre les mers", que l'on croirait tout droit sortie de la bouche d'un Moïse ou d'un Jésus-Christ. Et il met en garde contre l'ennemi : "Ne fais jamais un politicien (...) ils voudront systématiquement te contrôler à jamais".

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# Posté le vendredi 22 avril 2005 15:52

Modifié le mercredi 10 août 2005 09:50